La bande dessinée, le neuvième art

article publié le: 19 - 05 - 2016

Trouvant leurs origines dans les peintures rupestres de la Préhistoire, dans les amphores grecs et dans les phylactères des enluminures, aujourd’hui, qui d’entre nous ne connait pas l’existence des fameuses bandes dessinées ?

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Trouvant leurs origines dans les peintures rupestres de la Préhistoire, dans les amphores grecs et dans les phylactères des enluminures, aujourd’hui, qui d’entre nous ne connait pas l’existence des fameuses bandes dessinées ? Ces formes d’expressions artistiques racontent souvent une histoire, un vécu, un passé ou même un futur lointain sur des supports en papier. Sur ces derniers sont appliqués toutes formes de dessins et de dialogues permettant de faire comprendre le déroulement des histoires narrées. Le tout premier auteur de bande dessinée fut Rodolphe Töpffer, un suisse né en Genève le 31 janvier 1799. A la fois pédagogue, écrivain et politicien, Töpffer dessina la première bande dessinée intitulée « Mr Vieux bois » en 1827. Il y raconte l’histoire d’un homme amoureux voulant épouser une femme que ce dernier appelle « l’objet aimé ». Après la sortie de cette invention de Rodolphe Töpffer, le chef d’œuvre fut diffusé dans toute l’Europe, ce qui entraina l’apparition de nouvelles émules, comme Cham et Gustave Doré à Paris ou comme Wilhelm Busch en Allemagne…

Histoire de la bande dessinée

La bande dessinée, qui est une suite de dessins exposés sur une ou plusieurs pages, n’a qu’un unique but : raconter une histoire, réaliste ou non, afin de captiver l’attention des lecteurs. Le plus surprenant, c’est qu’après avoir lu un chapitre, nous, les cibles accros aux « BD », nous demandons à ce que l’histoire continue, nous attendons impatiemment la sortie de la nouvelle série, nous sommes comme captivés, drogués et fortement attirés par ces quelques pages, qui regardées de près ne sont que des feuilles remplis de couleurs et d’images. La bande dessinée éveille la curiosité, mais comment peut elle avoir autant de succès ? Un voyage dans son histoire pour pouvoir mieux comprendre sa réputation de « neuvième art ».

Le 19ème siècle : le début des héros de la BD

Dans les années 1930, les bandes dessinées ont connu une grande diversification de genre. Durant cette époque, les Américains cherchaient un moyen de pouvoir changer l’état humoristique, afin de donner place à un état plus fantastique. C’est de là qu’est né les premiers héros de la BD. Vous connaissez sûrement « Tarzan » ? Même si nous pensions que ce héros était né de notre époque, sachez que son personnage, comme un hommage à une icône de la comédie française, a été créé en 1929. C’est de même pour Superman et Batman, car leurs images ont été conçues dans les années 1939. Après l’apparition de ce phénomène « super-héros » et de cette nouvelle forme d’Art contemporain, les éditeurs s’y sont inspirés pour faire naître des récits d’aventures avec des dessins plus réalistes. Vous vous souvenez sûrement du détective Dick Tracy, et du magicien Mandrake aux pouvoirs extraordinaires ou peut être du héro de science-fiction de cette époque, le célèbre Flash Gordon ! Cependant, les Américains n’étaient pas les seuls à pouvoir créer des bandes dessinés avec des héros légendaires. La Belgique ainsi que la France avaient également leurs héros, mais cette fois, au caractère humoriste. Vous vous rappelez sûrement de ce petit chien calme, mais au sens de l’humour captivant ? Oui, il s’agit bien de Spirou (évolué en Snoopy ou Droopy dans les années 2000). En effet, après la deuxième guerre mondiale, plusieurs personnages tels que Spirou, Marsupilami ou Gaston Lagaffe ont été créés en 1938. Le plus célèbre des héros de la bande dessinée française reste sûrement « Astérix ». Son personnage a été conçu dans les années 1959, et sa renommée demeure encore jusqu’à aujourd’hui.

L’apparition des genres en 1930

Vers les années 1920, les bandes dessinées ont connu un grand changement en termes de genre. Gardant leurs formes d’art populaire né en Amérique du Nord, les BD se démarquaient surtout par des caricatures politiques et humoristiques. Pendant l’époque de la crise, les éditeurs se sont aperçus de la nécessité du public à se divertir, afin d’oublier les tracas qui pèsent sur leurs quotidiens. De la vient l’apparition du genre « bande dessinée d’aventure ». En 1929, « Buck Rogers » et « Tarzan » ont vu le jour, avec des images plus réalistes et colorées. Ces deux BD sont également suivies par les aventures de Dick Tracy, de Flash Gordon et de Prince Valiant, connu aussi sous le nom de Roi Arthur, une BD basée sur des faits réels qui se sont produits en Angleterre. Ainsi, la bande dessinée n’est plus confinée à un seul genre. Entre autres, dans les années 1930, commence l’époque d’apparition en images d’une nouvelle forme d’histoire : le « comic book » ou la galerie des artistes humoristiques. C’est en 1933 qu’est sorti le premier modèle de comic book, intitulé Funnies on Parade, une bande dessiné d’édition américaine. Et c’est plus tard, dans les années 1938, que sortira la BD comic ou « Action Comics » qui raconte les aventures de Superman, ainsi que les aventures de « science-fiction » intitulé « Toronto ». Et c’est également à ce moment précis qu’apparaissent les « BD d’actions », suite à la création du personnage « Superman », qui a influencé plusieurs éditeurs.

La BD Européenne se démarque après la guerre

Après la seconde guerre mondiale, la bande dessinée s’est répandue d’une façon croissante en Europe. La Belgique et La France sont les pays les plus concernés. En effet, ils ont connu une effervescence d’après guerre, dans le domaine de la publication de bandes dessinées. C’est également à cette époque que ce sont lancés de nombreux auteurs célèbres et connus de tous aujourd’hui, dont nous pouvons admirer des œuvres revisitées durant le festival du cinéma parmi les films en compétitions pour l'an 2016. A l’exemple de l’éditeur Dupuis qui a créé « le journal de Spirou » en 1938. Un auteur du nom de Franquin a également créé les personnages célèbres de Marsupilami et de Gaston Lagaffe. En 1946, c’est au tour du « Journal de Tintin » de marquer l’intérêt de tous. L’éditeur responsable de ce grand succès n‘est autre que le fameux Raymond Leblanc, qui s’est associé avec son partenaire Hergé. A la suite du succès des aventures de Tintin, d’autres BD se sont démarqués, tels que Blake et Mortimer, Achille Talon, Michel Vaillant, Ric Hochet, ainsi que Boule et Bill. Le puissant éditeur Goscinny, allié avec ses collaborateurs Underzo et Charlier, ont donné naissance à la bande dessinée qu’ils nommeront « Le Journal Pilote ». Ce dernier a connu un fier succès avec la mise en scènes des personnages, tels que Barbe-Rouge, Blueberry, Iznogoud, ainsi que le célèbre et irréductible Gaulois Astérix.

L’anticonformisme des années 70

Dans les années 1930, les bandes dessinées étaient spécialement destinées aux enfants, mais après la seconde guerre mondiale, les éditeurs se sont focalisés un peu plus sur les adolescents. Et c’est dans les années 1970 que les auteurs de BD ont publié des histoires qui sont conçues pour cibler les adultes, plus particulièrement les hommes. En guise d’exemple, le célèbre dessinateur et auteur de BD Jacques Tardi s’est mis à écrire des romans, destinés aux esprits pensifs. L’éditeur Jean Claude Forest a créé une héroïne de science-fiction du nom de « Barbarella » qui, selon lui, est l’incarnation de la femme moderne à l’ère de libération sexuelle, une culture actualité des années 60. Des magazines dédiés aux adultes se sont également mis à apparaître, tels que Hara-Kiri en 1960, Charlie mensuel en 1969, Charlie Hebdo en 1970, Fluide Glacial en 1974, ... Les dessinateurs devenaient, entre autres, anticonformistes et se faisaient une joie de reproduire des caricatures représentants la politique et la société. A cette époque également sont les nés les éditeurs de BD de talents, Reiser, Wolinski et Gébé.

Les années 80 et la mondialisation de la BD

Ce fut une année de diffusion pour les créateurs européens, et cela à l’échelle internationale. Cette année marque également l’apparition des mangas à la découverte de la culture et des traditions du Japon, qui sont des bandes dessinées japonaises ayant rapidement conquis les jeunes Européens. « Akira », qui est une série de « seinen manga », une histoire de science-fiction, a été la première BD japonaise qui fut publiée dans le magazine américain « Young Magazine ». Son éditeur principal, du nom de Kôdansha, a commencé à publier l’histoire au début des années 1982 et ce, jusqu’en 1990. « Akira » a également fait office de précurseur européen pour le compte des dessins nippons. Durant cette époque, les bandes dessinées japonaises étaient sorties et élaborées en film, le Japon a alors connu un succès fulgurant : Goldorak, Dragon Ball, les chevaliers du Zodiac et Albator, étaient alors les dessins animés japonais les plus appréciés par le public en 1980.

La bande dessinée moderne de nos jours

A l’heure actuelle, il n’y a pas que les enfants qui soient attirés par la bande dessinée. Les adultes apprécient également ce « phénomène de société », c’est ce qui fait son énorme succès. Des organisateurs d’évènement réalisent même des salons, ainsi que des festivals, pour honorer « le neuvième art » qu’est devenue la bande dessinée. Ces fêtes sont à juste titre semblables à la célébration de la « journée des romans ». La BD s’est octroyée une réelle légitimité et a su sauvegardé sa notoriété malgré l’évolution de notre ère. Elle a surtout su s’enrichir et s’améliorer au rythme du progrès technologique et des tendances et arts modernes qui parlent entre autres, des coulisses d’un tournage de film ou d’une bande dessinée. Un très bel avenir se trace pour le « neuvième art ».

Comment créer une bande dessinée ?

Selon l’Histoire de la peinture contemporaine, les œuvres des artistes de l’époque ancienne étaient remarquables, beaucoup ne parviendraient pas à réaliser ce genre de prouesse, exactement comme la réalisation d’une BD. Créer une bande dessinée n’est pas un simple travail d’amateurs, car certaines techniques sont à maîtriser. Seuls les professionnels et ceux ayant un don inné pour le dessin sont aptes à réaliser et à créer une BD. Vous désirez concevoir une bande dessinée ? Voici quelques techniques qui vous permettront de réussir un tel projet. Il est à noter que ce ne sont que des règles de base, et une fois habitué, vous pouvez créer votre propre style et ainsi vous améliorer.

Quelques techniques

La mise en case

La première étape consiste à créer la « case » qui servira de vignette pour contenir un dessin. Cependant, il est important de savoir que la case est une option facultative en ce qui concerne la bande dessinée. Pour plus de praticité, il est nécessaire de créer une « planche ». Celle-ci est un ensemble de cases qui sont souvent placées sur plusieurs lignes. On emploie particulièrement le mot « planche » pour le document original. Le dessinateur, en effet, réalise des annotations discrètes dans un coin de la planche. Il est toutefois important de savoir que la numérotation des planches n’est pas effectivement semblable à celle des pages de l’album dans lequel elles seront regroupées.

Bulles et phylactères

Durant la création d’une BD, il est essentiel de poser des bulles ou phylactères exactement comme la réalisation d’un affiche de théâtre pour des pièces contemporaines. Ces dernières sont de rigueur pour intégrer les textes aux vignettes, lesquelles sont réservées à la transcription des dialogues entre les personnages de l’histoire. Vous avez également besoin d’introduire des récitatifs pour apporter plus d’explications aux lecteurs. Ces panneaux sont surtout trouvés au bord des vignettes et servent de commentaires en « voix-off ». Cela est nécessaire pour donner plus d’indications quant au moment et au lieu où se déroule l’histoire.

Les planches de dessins

En ce qui concerne l’album, c’est une sorte de recueil de planches qui peuvent être relevées à partir d’une même série, appartenant à un même auteur ou à un même thème (destinés uniquement aux albums collectifs). L’album est surtout dédié pour réaliser les recueils cartonnés et sont raccordés dans un format proche de l’A4. Pour ce qui est des « comics books », ce sont des albums de petites tailles qui sont reliés par des agrafes de comics. Enfin, pour ce qui est de la série, cette dernière est un ensemble d’albums qui sont reliés par un même thème ou par un seul personnage. L’histoire se passe parfois dans un ordre chronologique.

Les étapes et processus de création

De l’inspiration à la réalisation

Afin de réussir l’allure parfaite d’une bande dessinée, il est nécessaire de suivre ces quelques consignes très importantes et très pratiques. Avant toute réalisation, vous devez trouver votre propre synopsis (une histoire, idée originale ou inspirée d’un vécu existant). Vous devez également chercher un scénario. Soyez plus réfléchi en ce qui concerne cette étape, car il servira à détailler votre histoire. Il est le responsable de la précision, planche par planche, du découpage des actions, comment vos personnages seront positionner et comment se présenteront les dialogues.

Les bases du graphisme des BD

Rechercher le graphique est une étape importante durant la conception d’une bande dessinée. Vous serez amené à créer et à dessiner l’image des personnages principaux, ainsi que l’environnement où se passe leur histoire, plus d’une centaine de fois. Vous devez aussi avoir une certaine maîtrise du design graphique. En ce qui concerne la mise en page, vous serez le seul à décider du choix des points de vue, les cadrages et agencement idéaux des vignettes dans la planche.

Le crayonnage ou la matérialisation des personnages

Le crayonné est une étape essentielle dans la création de BD, puisqu’il s’agit de la première ébauche proprement dite du dessin. A partir de là, vous serez contraint de travailler sur de plus grands supports, en format A2, que ceux de la planche imprimée, qui sont en format A4.

Donner vie à sa BD

Donner vie à une BD, c’est comme donner vie à un spectacle humour à Paris, il faut de la couleur, plu de caractère et des scénarios qui sauront capter l’attention des spectateurs. L’encrage est certainement l’étape la plus amusante de la réalisation d’une bande dessinée. Cette activité consiste en effet, à redessiner à l’encre les contours du crayon et les ombres pour procurer aux dessins un trait définitif. C’est ce tracé là qui sera au final imprimé. Après cette étape se poursuit la mise en couleur. C’est une opération qui contribue à choisir et à appliquer les couleurs aux personnages, aux vêtements, ainsi qu’aux décors. Il est cependant nécessaire de bien suivre les zones délimitées par les traits encrés pour réussir votre coloriage. Et enfin, vous terminerez par le lettrage qui consiste à introduire le texte des dialogues et commentaires tout en alignant les espaces laissés lors de l’encrage de la planche.

La BD web, une tendance en plein essor

La BD Web ou la bande dessinée en ligne est une œuvre proposée sur Internet. Les bandes dessinées Web sont apparentées aux bandes dessinées auto-éditées, car tout le monde peut créer une BD en ligne et la publier sur Internet, présentée sous la forme d’un blog. La première bande dessinée qui a été ouverte publiquement via internet est le « Witches and Stictches » d’Eric Millikin. Cette série a été diffusée en 1985 par « Compuserve ». Viennent ensuite T.H.E. Fox (1986), Where the Buffalo Roam (1991), Netboy (1993), Docteur Fun (1993), NetComics Weekly (1994, édité jusqu'en 1999 en anglais et jusqu’en 2001 en finnois). En 1995, Argon Zark et Kevin & Kell font leurs premières apparitions. Les parutions de ces deux webcomics se poursuivent jusqu’en 2007. Actuellement, de nombreuses bandes dessinées, mais aussi des mangas, peuvent être feuilletées sur des sites internet dédiés.



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